HABITER LA FRONTIERE/ Patricia GUANEL/ Cie le Rêve de la Soie/ Marseille

Habiter la Frontière

Au départ de ce projet deux choses résonnent en moi. Le titre d’un livre de Léonora MIANO, romancière Camerounaise, « Habiter la frontière » et des peintures de Rothko(Untitled, 1969),

Habiter la Frontière – Teaser : 3.42mn

 

 

«  Ce caractère vaporeux et magique des contours qui force le regard à aller plus loin ». 

Habiter la frontière propose l’expérience sensible d’une traversée et interroge ces espaces « entre » à vivre. Des espaces, de vibration, d’attente, de porosité et de transformation. En abordant cette pièce, c’est aussi une expérience du temps qui s’est imposé. Un temps à vivre et à regarder autrement.

Le rapport au temps et devoir faire avec l’environnement sont deux facteurs qui m’ont accompagné. Le contact avec la matière, le travail sur la peau et les sensations qui en découlent m’ont donné envie de les rendre présentes comme autant de membranes ou de filtres possibles. Opacifier le regard, flouter les contours et forcer le regard du spectateur à aller au-delà.

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LORENZACCIO / Alfred de MUSSET/ Philippe Wiart – Paris – France

“LORENZACCIO”

 Drame romantique d’Alfred de Musset (1834)

“Ce fut la fin de tout ce qui est beau ” Jonathan Littel, Les bienveillantes

Durée : 1h50 (sans entracte)

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Dans la Florence des Médicis, le duc Alexandre règne sans partage sur la ville. Lorenzo, son cousin, son favori et son compagnon de débauche, s’apprête en secret à l’assassiner. La mort du tyran doit donner le pouvoir aux Républicains, espère-t-il. Ainsi fait-il part de son dessein au premier d’entre eux, Philippe Strozzi. Lorenzo tue Alexandre mais il est tué à son tour sur l’ordre des Huit. Un tyran chasse l’autre : un Médicis succède à un Médicis. Rien n’est changé. Le sang, une fois de plus, aura coulé en vain.

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Considéré comme le chef-d’oeuvre du drame romantique, à l’égal d’un Shakespeare, Lorenzaccio, sera monté seulement pour la première fois en 1896, près de quarante ans après la mort de son auteur, lui qui, blessé par ses échecs de jeunesse, a prétendu ne plus écrire désormais que pour être lu dans l’intimité d’un boudoir. Et pourtant, rarement a t-on incarné avec autant de complexité, d’intensité, de réalisme et de perfection des personnages de théâtre, toute une fresque humaine éblouissante et baroque! Étonnante modernité de l’écriture aussi : la jeunesse en mal d’absolu et aux élans brisés traverse toutes les époques. Mieux qu’un simple témoignage historique, toujours indemne, capable de se vérifier à chaque période de bouleversement, d’errance, de déchéance, de crépuscule, Lorenzaccio, sorte de farce monstrueuse et de comédie où ricanent les visages de la mort, nous ramène inlassablement, encore et encore, à ce qui toujours fait mystère, fascine et répugne : l’Homme.

Toujours au centre de toute chose, abîmé et indemne, toujours écrasé et pourtant debout.

MUSSET reste un auteur français majeur. Drame romantique par excellence, Lorenzaccio est son chef d’oeuvre, que le metteur en scène, Philippe Wiart a découvert au lycée, et qui ne l’a plus quitté depuis. Cette oeuvre le fascine au point de vouloir un jour, monter la pièce au théâtre.

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Près de deux siècles plus tard, Lorenzaccio continue à nous questionner sur le monde d’aujourd’hui, sur nous, sur l’homme, sur sa complexité, sa solitude, sa détresse, sa faiblesse, sa propension au pouvoir, à la corruption, à la mort. Parce que cette oeuvre trouve plus que jamais sa place dans cette société gonflée d’orgueil et de paraître et pourtant à la dérive, paumée, déboussolée, qui n’a peut-être jamais autant été écartelée entre la course éperdue au bonheur et la déchéance inéluctable.

Parce qu’il faut croire en l’homme quand même, en dépit de toutes les horreurs, les injustices et les écœurements de toutes sortes dont nous abreuve ce monde terrifiant.

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Parce que pour un acteur, jouer Lorenzaccio de Médicis est un immense cadeau, un formidable privilège. Et parce que Philippe Wiart avait très envie aussi de rassembler une vrai grande et belle troupe, de partager une aventure collective.

Parce ce que c’est un vieux rêve…..

Distribution à la création : 

  • Adaptation et Mise en scène : Philippe WIART
  • Assistante à la mise en scène : Andrée-Michèle TIREAU
  • Lumières : Jacques ROUVEYROLLIS
  • Assistante : Jessica DUCLOS
  • Avec la troupe de comédiens dans les rôles suivants :
  • Patrick MOLLO/ Alexandre de Médicis
  • Philippe WIART/ Lorenzo de Médicis
  • Eugénie OLIVER/ Marie Soderini, mère de Lorenzo
  • Marie-Audrey SIMONEAU/ La Marquise Cibo
  • Jean-Marie MEYLAN/ Le Cardinal
  • Maurice AUBERT/ Philippe Strozzi
  • Fani CARENCO/ Catherine
  • Laurent CABROL/ Pierre Strozzi
  • François BOURET/ Tebaldeo/Sire Maurice
  • Gildas GOUJET/ Salviati/Venturi
  • Mehdi BELHAOUANE/ Scoronconcolo/ Bindo
  • Grégory CARTELIER/ Léon Strozzi/ Giomo

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  • La presse en parle

Création théâtrale en résidence à Vergèze (Gard) – Reportage de France 3 Pays Gardois du 28-08-09 : 

  • Fiche technique : Conduite lumière : 

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Contexte Historique

Lorrenzacio est un objet rare dans l’histoire du théâtre : une de ces pièces inconnues de leur époque, car proprement injouables au temps de leur écriture, mais que la postérité transforme en chefs-d’oeuvre. Ecrit en 1833, publié l’année suivante dans le volume Un spectacle dans un fauteuil, dont le titre indique suffisamment qu’il fut initialement composé pour être lu, le drame fut créé en 1896 par la grande Sara Bernhard, dans une adaptation extrêmement édulcorée; après quelques autres tentatives, il toucha le grand public, dans la version mémorable de Gérard Philippe, au TNP, en 1952. Depuis, son succès est continu, la richesse et la complexité de l’intrigue, du cadre, des personnages, et surtout du héros éponyme invitant les metteurs en scène à renouveler constamment l’interprétation de cette oeuvre foisonnante.

Naissance d’un chef d’oeuvre

L’ambition du drame romantique, après les grands bouleversements de la Révolution et de l’Empire, est de rendre compte des changements historiques, d’interroger le rapport du peuple au pouvoir, la responsabilité et la légitimité des puissants, d’éclairer le présent en mettant en perspective le passé.

Avant que Hugo et Dumas imposent, dans les années 1830, leurs drames historiques sur les scènes officielles et les théâtres des boulevards, les libéraux avaient développé une forme d’écriture théâtrale originale, “les scènes historiques”, textes dialogués qui n’étaient pas destinés à être représentés mais qui étaient censés montrer, comme une expérience de laboratoire, le dénouement, d’un événement historique national. Ainsi Ludovic Vitet, chef de file du mouvement, influence avec les Barricades (1826) le jeune Hugo pour son Cromwell (1827). L’enjeu de cette forme est nettement politique : les auteurs montrent le peuple à l’oeuvre dans l’histoire et dressent un tableau satirique du pouvoir royal.

C’est précisément une des scènes historiques qui est à l’origine de Lorenzaccio : en 1833, George Sand qui vient de rencontrer Musset, offre à son nouveau compagnon un cadeau inattendu, une scène historique d’elle vient décrire. Une conspiration en 1537. En six tableaux, elle retranscrit sur le mode dramatique le meurtre du duc Alexandre de Médicis par son cousin Lorenzo, dont les motivations restent incertaines : était-ce une vengeance personnelle, un règlement de comptes politique, un acte de terrorisme désespéré, le coup d’envoi d’une conjuration républicaine ?

L’assassinat réussit, mais ne suffit pas à ébranler le pouvoir puisque Côme de Médicis succéda immédiatement à son cousin, transformant ce qui aurait pu être un événement historique en coup d’épée dans l’eau. L’histoire avait été racontée sous forme narrative par Marguerite de Navarre dans son Heptaméron (1559) et par le mémorialiste Bonedetto Varchi, Chroniqueur italien du XVIe siècle dan sa Storia Fiorentina. Varchi (1502-1565) écrit l’histoire des Médicis à Florence de 1527 à 1538 sur la demande de Côme ; il peut consulter des archives , interroger des témoins, dont Lorenzo lui même. Bien qu’écrit sur une commande d’un Médicis, le texte n’est pas particulièrement flatteur à leur égard, ni moralisateur. Il est édité en 1723. Musset, qui l’avait lu dans la version des Classici Italiani ( Milan 1804), publie en appendice à Lorenzaccio, un fragment du livre XV, suivant ainsi une coutume des auteurs de scènes historiques, qui faisaient accompagner leur propre texte de ses sources. 

A l’automne 1833, Musset s’approprie le texte de George Sand et le transforme fondamentalement, en approfondissant les contradictions du héros, en développant le cadre de la ville de Florence; en mettant en perspective plusieurs niveaux de personnages : au premier plan  Lorenzo et le duc, au deuxième plan les autres intrigues visant le duc ( manœuvre du cardinal pour le diriger en sous main, liaison adultère de la marquise Cibo en pasionaria, conspiration avortée des grands seigneurs républicains, particulièrement de la famille Strozzi ). au troisième plan de la ville de Florence avec son peuple animé d’artistes, de soldats, de bourgeois, de marchands, d’étudiants.


Partenaires :

  • Coproduction : Scène Régionale de Vierzon – Théâtre Mac-Nab
  • La Compagnie Philippe Wiart est soutenue par le Conseil Général du Gard, la Ville de Vergèze et la Région Languedoc-Roussillon et à reçu le soutien pour cette production de la Fondation Pierre Bergé – Yves Saint Laurent.
  • Costumes : Remerciements au Théâtre des Treize Vents / Centre Dramatique National de Montpellier

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Contact : Production / Diffusion 

Florian NICOLAS

Tél : +33 (0) 6 11 05 17 99

Mél : axesud-artsvivants@outlook.com

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